Lexique Montagne

L’univers de la montagne et la pratique sportive en milieu naturel demande des connaissances techniques approfondies. Et qui dit connaissances techniques dit termes barbares, incompréhensibles pour le commun des mortels !

Vous savez quoi, je suis passée par là moi aussi ! Je suis même toujours en plein dedans d’ailleurs ! L’idée de cette page est simple : rassembler le vocabulaire du montagnard et l’expliquer simplement.

Bientôt, la quincaillerie de l’alpiniste, le becquet, un à vue, tout ça n’aura plus aucun secret pour vous 😉

J’oubliais : n’hésitez pas à laisser vos commentaires si vous pensez à d’autres termes qui auraient leur place ici, je suis toujours preneuse !

Jonction entre les glaciers des Bossons et du Taconnaz - Chamonix Mont Blanc
Jonction entre les glaciers des Bossons et du Taconnaz – Chamonix Mont Blanc

A

Ancrage : il s’agit de toute technique utilisée pour assurer sa progression en montagne. Il permet de relier le grimpeur, par l’intermédiaire de la corde, à la paroi.

Arête : c’est la rencontre entre deux parois. Une course d’arête consiste à progresser tout au long de la ligne de l’arête, du début à la fin.

A vue : faire un “à vue”, c’est enchaîner la longueur lors du premier essai sans chute, et sans avoir vu personne la sortir. Le niveau à vue s’oppose au niveau “après travail”. Une voie en falaise pleine de magnésie ne permettra pas de faire un “a vue” puisque les traces donnent des indications au grimpeur.

B

Becquet : c’est la partie “pointue” d’un rocher, sur laquelle on peut passer une sangle pour poser un point d’assurage. Elle permet de constituer un ancrage, comme on dit dans le jargon !

Bouteilles : “avoir les bouteilles”, c’est quand on a les avant-bras tétanisés, durs. Les avant-bras sont en acidose, ça veut dire que le pH du sang est plus faible que la normale. Cet état est dû soit à un manque d’échauffement, soit à une grosse séance tout simplement.

C

Clipper : synonyme de mousquetonner, c’est-à-dire passer la corde dans la dégaine lorsqu’on grimpe en tête.

Coinceur : on l’appelle aussi câblé, nut, stopper ou encore bicoin (oui, tout ça !). Il s’agit d’un système qui permet de poser un point d’ancrage lorsque la voie n’est pas équipée. Le coinceur est constitué d’une partie métallique que l’on place dans le bas d’une fissure en V, et d’un câble métallique qui permet d’accrocher un mousqueton pour y passer la corde. C’est un point mobile et que le second de cordée récupère au fur et à mesure de la progression.

Couenne : voie d’une seule longueur.

Crux : passage le plus difficile d’une voie.

D

Dégaine : bout de sangle équipé d’un mousqueton à chaque extrémité. Elle assure la progression du grimpeur en tête, en lui permettant de passer l’un des mousquetons dans un point d’ancrage, et d’utiliser l’autre pour passer la corde.

Dépeauter : un bien joli verbe qui n’existe que dans le langage des skieurs de randonnée ! Il signifie enlever les peaux de ses skis, pour en finir avec la montée et attaquer la descente.

Descendeur : objet métallique qui a pour action de freiner le défilement de la corde, et ainsi de contrôler sa descente le long de celle-ci. Il en existe de plusieurs types, certains sont aussi utilisés comme dispositifs d’assurage.

Dévers : voie dont le profil est plus incliné que la verticale (surplomb, toit). Les pieds soutiennent de moins en moins le poids du corps, et les bras et mains sont donc énormément sollicités.

Dévisser : en alpinisme, dévisser signifie tout simplement lâcher prise et tomber d’une paroi rocheuse ou glaciaire.

Dièdre : voie constituée de deux pans verticaux qui se rejoignent, formant un angle à la façon d’un livre ouvert.

E

En-tête : lorsque tu grimpes en tête, la corde n’est pas passer dans le relais, c’est toi qui la monte au fur et à mesure. Cela nécessite d’assurer sa progression grâce à des dégaines. C’est en quelque sorte l’essence même de l’escalade parce qu’en falaise, la moulinette n’est jamais en place à ton arrivée !

F

Friend : il s’agit d’un autre type de coinceur, mécanique cette fois et qui peut être utilisé dans une fissure parallèle (à l’inverse du câblé). Il est composé de cames qui se rapprochent lorsqu’on tire sur la poignée, permettant de faire entrer le coinceur dans la fissure. A l’inverse, en relâchant, les cames s’écartent et se bloquent contre le rocher. Et on peut continuer la progression tranquille !

G

Grigri : non, ce n’est pas un porte-bonheur qu’on emmène lors d’une course, mais un système d’assurage autobloquant développé par Petzl. Si le grimpeur chute, la corde est bloquée sans effort.

Grosses : on utilise ce terme pour parler des chaussures d’alpinisme. Pourquoi ? Pour les opposer aux chaussons d’escalade, qui sont beaucoup plus fins et précis.

M

Machard : c’est un nœud autobloquant utilisé en rappel, réalisé grâce à une cordelette enroulée autour de la corde de rappel puis attachée au baudrier. Le prussik est un nœud similaire qui a la même utilité.

Magnésie : c’est le saint graal du grimpeur ! C’est une poudre, un genre de talc pour vulgariser la chose, qui absorbe la sueur (miam !) et permet d’augmenter l’adhérence sur le rocher. Elle existe aussi sous forme liquide. On parle de “pof” en général, bien que ce ne soit à l’origine pas tout à fait pareil puisque la pof désignait une résine de pin qui permettait d’adhérer, mais qui n’absorbait pas la transpiration.

Moulinette : quand on grimpe en moul’, la corde est déjà passer dans un point d’ancrage au sommet de la voie. Le grimpeur n’a pas besoin de poser de points d’assurage au fur et à mesure. Et le risque de chute est bien moindre.

Mousqueton : anneau métallique avec ouverture facile et système de fermeture sécurisé. Il est utilisé dans de nombreuses manipulations en montagne.

P

Parpiner : quand ça parpine dur, c’est tout simplement que la roche est friable et que des pierres tombent facilement.

Peauter : signifie mettre les peaux sur ses skis de rando, pour accrocher sur la neige en montée.

Péteux : si on te dit qu’une voie d’escalade est péteuse, c’est que le rocher n’est pas solide et que tu peux potentiellement te retrouver avec une prise dans la main. Pas génial, tente celle d’à côté.

Q

Quincaille : ou quincaillerie, c’est tout le bordel métallique qu’emporte le grimpeur lors d’une course (coinceurs, dégaines, mousquetons, etc.). Ce terme vient du fait qu’à l’origine, les alpinistes se servaient de la quincaillerie utilisée dans l’industrie du bâtiment.

R

Rappel : technique de descente sur une corde mise en double et fixée à un ancrage en son milieu. Elle nécessite l’utilisation d’un descendeur et éventuellement d’un noeud autobloquant, et permet de récupérer la corde une fois en bas.

Relais : il est en général situé au sommet d’une voie, mais peut également être au milieu si celle-ci est plus longue que la corde. Il est constitué de plusieurs ancrages reliés entre eux par une chaîne (ou une sangle). C’est le point au niveau duquel le premier de cordée s’arrête pour assurer son second avant de poursuivre la voie si elle est constituée de plusieurs longueurs. En cas de voie d’une longueur, c’est le point au niveau duquel commence la descente.

S

Sangle : elle a plusieurs utilités : elle sert à assurer la progression en escalade (via les becquets par exemple), ou peut être utilisée pour créer des dégaines longues. Il en existe de plusieurs tailles, et la plus répandue est la sangle cousue.

V

Vache : je vous vois venir, mais non, rien à voir avec l’animal ! Une vache est un dispositif (une longe équipée d’un mousqueton à verrouillage) qui permet de s’attacher au relais. Le grimpeur peut alors annoncer à son assureur qu’il est vaché. L’assureur va libérer du mou et le grimpeur pourra faire ses manip’ tranquillement sans risquer la chute.